Que ferait le français sans l’anglais ? Et vice versa…

Les anglicismes dans la langue française

Récemment, j’ai repris mon rôle à temps partiel de « Tutor » de français dans le cadre de la préparation au DipTrans, le Diplôme de traduction décerné par l’Institute of Linguists de Londres. Je m’étais déjà passionnée par la transmission de mon expérience de la traduction-adaptation lorsque je résidais à Londres. J’ai eu la chance d’avoir été contactée à nouveau car les cours sont désormais en ligne. La « dématérialisation de l’enseignement » peut aussi s’avérer une grande opportunité dans nos métiers. Nul besoin de se rendre régulièrement à Londres, ce que je déplore. La pandémie a vraiment tout changé…

Le rôle de tuteur est complexe. Il ne s’agit pas seulement de corriger des copies. Je me plais à penser, en tout cas, que mon rôle est aussi de guider et d’inspirer mes étudiants !

Alors, quand l’un d’entre eux m’a posé la question suivante : « Je vois beaucoup de mots anglais utilisés dans la langue française.  A-t-on le droit de les utiliser dans nos traductions?  Si ce n’est pas le cas, doit-on toujours chercher un équivalent, par exemple dans le cas de boycott, de sponsor ou de start-up » , j’ai eu envie de profiter de cette occasion pour creuser un peu la question. Il s’agit un peu d’un sujet « fleuve » qui a, encore pas plus tard que ce matin, été abordé dans l’émission Grand bien vous fasse sur France Inter.

La France est un des rares pays avec le Québec où cette question des anglicismes dans la langue est réglementée. Déjà en 1987, la question intéressait les spécialistes, notamment Jean Delisle, avec un article intéressant bien qu’un peu daté si on s’attache à rester au plus près de l’évolution de la langue, qui se fait au jour le jour. Les anglicismes insidieux – Delisle, Jean – Recherche par auteur – Chroniques de langue – TERMIUM Plus® – Translation Bureau

Souvenons-nous quand-même de la Loi Toubon (1994) qui avait obligé Disney par exemple, à adapter au marché français son offre de divertissement lors de l’ouverture d’EuroDisney à Marne-la-Vallée en Île de France. Cette réglementation a fait date, et a également représenté une pierre dans le jardin des traducteurs et des “transcréateurs”, pour deux raisons : 

– elle a durant un temps rendu le recours à la traduction obligatoire et cela a été très positif pour notre métier et son rayonnement, avec un impact sur les volumes de traduction commandées.

– elle possède un ancrage juridique car elle est fondée sur la défense du consommateur contre un discours publicitaire et marketing qui pourrait sous-tendre des pratiques abusives. Souvenez-vous des petites astérisques derrière les mots anglais dans la publicité au cinéma par exemple. Le “Just do it” de Nike ou les “soft drinks” doivent être traduits. 

“La sanction à une violation des dispositions citées entraîne le contrevenant à s’exposer à une amende de 4ème classe. Avec la loi Toubon, l’objectif du législateur est double. En effet, il est de protéger simultanément la langue française et le citoyen-consommateur.” (issu de JurisPedia, un projet dont la version en langue française est administrée par le Réseau Francophone de Diffusion du Droit. Pour plus de renseignements sur cet article nous vous invitons à nous contacter afin de joindre son ou ses auteur(s).)

Le postulat est qu’il n’est pas “interdit” d’utiliser des mots étrangers ou anglais s’ils sont expliqués ou traduits également ou si un équivalent est proposé. Pour le Conseil supérieur de l’audiovisuel : “Il n’est pas interdit d’utiliser des mots étrangers s’ils sont accompagnés d’une traduction française « aussi lisible, audible ou intelligible que la présentation en langue étrangère ». Cette disposition s’applique plus particulièrement au domaine de la publicité afin de garantir la compréhension des messages pour une meilleure protection du consommateur (cf : Article 20-1 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, complété par la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française).

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Dans le domaine de l’audiovisuel spécifiquement : la circulaire du 19 mars 1996 concernant l’application de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française souligne qu’« une similitude des deux présentations et un parallélisme des modes d’expression entre les deux versions ne sont pas exigés. En outre, la traduction peut ne pas être au mot à mot, dès lors qu’elle reste dans l’esprit du texte original ». Il en résulte, d’une part, que la traduction de mentions en langue étrangère peut indifféremment être verbale ou écrite et, d’autre part, qu’il n’est pas nécessaire que la traduction française de mentions écrites en langue étrangère soit disposée à l’écran dans des conditions identiques ou que les caractères utilisés soient de taille ou de couleur formellement similaires. Mais il importe que la présentation en langue française se rapproche suffisamment de la présentation en langue étrangère pour pouvoir être regardée comme « aussi lisible, audible ou intelligible ».

Cependant, pour des termes qui ont été adoptés il y a des dizaines d’années comme sponsor ou boycott, la question ne se pose plus, car ils ont été intégrés à notre langue et leur apparition dans les dictionnaires français consacre leur usage :

Boycott, définition

  • Cessation volontaire de toutes les relations avec un individu, une communauté, un pays.

⇄ boycott

  • Refus de prendre part à quelque chose. Le boycott des Jeux olympiques par un État.

⇄ boycott

On voit bien pour ce terme que l’anglais est le même que le français, ce terme a donc été totalement “importé” par le français !

Sponsor définition 

  • Personne ou entreprise qui soutient financièrement une manifestation sportive ou culturelle à des fins publicitaires.

⇄ sponsor […]

C’est le cas de sponsor aussi, mais ce terme est souvent décrié et dans ce cas précis, les puristes dont je fais partie à mes heures recommandent le recours à des synonymes, souvent plus expressifs et plus près du sens : 

synonymes de sponsor, nom (France) :

commanditaire, bailleur de fonds, financeur, parrain, parraineur

Mécène — mécène, donateur, bienfaiteur, protecteur, philanthrope, soutien, pygmalion.

Ajoutons pour le plaisir étymologique de la recherche, que c’est le Capitaine Charles C. Boycott (1832-1897), représentant foncier de Lough-Mask à County Mayo, Irlande, qui a donné à la langue anglaise ce vocable, pour avoir refusé d’abaisser le loyer de ses paysans, dans des circonstances certainement très intéressantes. Le patronyme de ce désagréable personnage, comme beaucoup de noms de famille qui reprennent un lieu de naissance ou d’origine (voire une certaine affection pour une plante, voir plus bas*), est originaire d’Angleterre.

Sans transition, voyons maintenant le cas des termes apparus avec la révolution internet, comme “start-up” ou les “tech” par exemple : 

Start-up définition

  • Nouvelle entreprise au potentiel de croissance rapide, principalement financée par des fonds de capital de risque.

Proposer « Jeune posse » est donc parfait mais ne convient pas dans tous les cas. Dans un article de journal par exemple, « start-up » dans le titre sera plus accrocheur, mais on peut parler dans le corps du texte de « jeunes pousses ». La difficulté ici est que le terme recouvre une réalité spécifique et a été adopté tel quel par toutes les langues du monde, qu’il s’agisse du polonais, de l’allemand ou du portugais, etc. C’est la même chose pour le terme « tech ».

L’autre problème que nous rencontrons est de faire face à la déferlante de termes employés en anglais parce que les entreprises et les équipes qui y travaillent sont soit internationales, soit elles-mêmes dépassées par la vitesse de l’information et sous l’emprise de la logique de secteurs économiques (le marketing, la publicité, la finance, etc.) qui donnent la primeur à l’anglais tous azimuts. On ne peut pas toujours reformuler lorsqu’on est convoqué à « un meeting des managers online sur les fake news en backstage ! » D’autant que certains clients, je pense à la finance en particulier, mais aussi à la pub, exigent de conserver ce vocabulaire, souvent « francisé », comme dans le cas « d’initier une couverture » ou « le résultat opérationnel » par exemple, le fameux « EBITDA » ou encore le « CEO », aujourd’hui courants.

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Dans la vie courante et la mode ou la cosmétique, les actus produits des magazines, la déferlante est tout de même impressionnante ! Quid des «  smokey eye » en maquillage, des « peelings corps », du « look girly », du « séjour all inclusive », sans oublier le « crossfit » ?!

Rien ne sert de résister, le franglais est partout. Le « Top 30 » ou « best of » des mots anglais utilisés en français :  Top 30 des anglicismes employés en français | La langue française en recense quelques-uns.

Cette liste date de 2018 et reflète assez bien la réalité au quotidien.  Mais en y regardant de plus près, on se rend facilement compte que la plupart de ces termes ou expressions, tels « dress code » , «punch line », peuvent être facilement traduits avec un minimum d’effort sur leur sens reél et que leur emploi intervient souvent par pur snobisme. Alors, traducteurs, faisons un effort et préférons « le code vestimentaire » et « la chute » ou « le mot de la fin ». N’est-ce pas beaucoup plus élégant ?!

La présence très controversée de l’anglais dans notre vie de tous les jours est souvent dénoncée par les linguistes puristes. Pour preuve, un professeur d’anglais, Jean Maillet, a publié chez Le Figaro l’ouvrage 100 anglicismes à ne plus jamais utiliser ! C’est tellement mieux en français, dans lequel il s’adresse « à tous les amoureux de la langue française pour qui l’usage d’un anglicisme en lieu et place d’un mot ou d’une expression française est une égratignure littéraire » (in:  Anglicismes dans la langue française : IN ou OUT ? – CBLingua)

Pour les professionnels, ce sujet restera toujours « épineux », « a thorn in our side » comme aurait peut-être dit Shakespeare, mais c’est bien normal car il est en évolution, comme les langues qui sont vivantes par essence. Mon conseil à mes étudiants ? S’efforcer de ne jamais se laisser dominer par une langue au détriment de leur langue maternelle, leur langue « de travail » qui doit privilégier l’exactitude et l’élégance. Mais je conclurai en disant « non au boycott » ! Après tout, que serait la France sans Léonard de Vinci, l’anglais sans l’invasion normande et le français sans un petit aggiornamento de temps à autre  !

En guise de conclusion finale, je souhaite rendre hommage à l’anglais pour avoir su, certes un peu sous la contrainte, s’adapter il y a fort longtemps au normand et au français des conquérants qui devinrent l’influente Maison Plantagenêt. Guillaume le Conquérant (en ancien normand Williame li Conquereor, en anglais William the Conqueror), roi d’Angleterre sous le nom de Guillaume Ier, duc de Normandie sous le nom de Guillaume II, appelé également Guillaume le Bâtard était né à Falaise en 1027 ou 1028. Il fut roi d’Angleterre (et duc de Normandie de 1035…) dès 1066. L’Empire Plantagenêt fut réuni au milieu du XIIe siècle par Henri II Plantagenêt. C’était un peu par hasard que le comte Henri d’Anjou, dit Henri Plantagenêt, a ceint la couronne d’Angleterre le 19 décembre 1154 (https://www.herodote.net/index.php). Roi sous le nom d’Henri II, inaugure donc la dynastie dite des Plantagenêt. Il est le fils aîné du comte d’Anjou Geoffroy V le Bel, baptisé Plantagenêt* car il avait coutume de porter piquée ou plantée (« planta-genêts ») dans son chapeau une branche de genêts. C’est finalement par un concours de circonstances véritablement extraordinaire que l’État de droit fondé par Guillaume le Bâtard ou Guillaume le Conquérant est à l’origine de la puissance anglaise… C’est aussi au français que l’anglais a emprunté « compter fleurette » pour en faire « flirt », dont le sens a un peu évolué peut-être ! Y aurait-il donc un rapport entre la dynastie Plantagenêt et la relation d’amour et de haine (osons dire, en mode « je t’aime, moi non plus» à la Gainsbourg !) entre nos deux langues !

Nota bene : Les emprunts, volontaires, contraints ou forcés, de l’anglais au français, pourront faire l’objet d’un autre article à eux seuls…

What’s a walrus in plural? Des Morse ? Eh oui !

TRANSLATION IS A PROFESSION – TRADUCTION : AMATEURS S’ABSTENIR !

Nous bénéficions tous de la traduction, même si c’est un service que nous tenons parfois pour acquis. Tel est le postulat de la Commission européenne en cette période de l’année où tous les professionnels dont le saint patron est traditionnellement Saint Jérôme fêtent la Journée mondiale de la traduction !

Mais cette journée ne nous est pas réservée. Bien au contraire. C’est un grand événement, une tribune même, qui nous donne l’occasion de faire ce que nous ne faisons que trop rarement : dire au monde qu’il a besoin de nous !

Cette année, l’Union européenne se propose de défendre notre métier. Quelle chance !

#DiscoverTranslation, ce sont des ressources, des articles de référence pour mieux comprendre notre métier, son rôle, son impact, ses implications et aussi son caractère indispensable, depuis la nuit des temps, ou presque !

Voici un lien très utile : https://ec.europa.eu/info/departments/translation/discovertranslation_en

Alors pour résoudre notre petit défi linguistique bilingue, il faut être professionnel de la traduction et des langues pour se poser la question et ainsi savoir que le terme anglais « walrus » venant du danois, il ne pourra prendre un « i » au pluriel comme c’est le cas en anglais des mots qui proviennent du latin tels que « cactus » , à l’exception de « forum et de « decorum », cela va sans dire ! Le pluriel de « walrus » est donc « walrusser » ou encore « walruser ».

Passons maintenant à son équivalent français, le ” morse ». Disons qu’il aurait tendance à ne pas exister dans sa forme au pluriel car il est directement inspiré du nom de son découvreur, Samuel Morse. On dirait donc un Morse, deux Morse, et un chou, deux choux ! Mais ce n’est pas tout. Ce vocable vient également du bulgare морж et du same du Nord morša. À ce titre, s’agissant d’un nom commun, le petit nom de cet impressionnant mammifère marin amphibie aurait droit à un « s » au pluriel.

Youpi ! Les traducteurs, transcréateurs, rédacteurs multilingues sont là pour vous !

Combien de morse(s) voyez-vous, là ?! Pexels.com

Qu’est-ce que la typoglycémie ?

OU POURQUOI L’HUMAIN EST-IL IRREMPLAÇABLE DANS L’ÉCRITURE ET EN TRADUCTION ?

Apparu il y a quelque temps, le terme de « typoglycémie » décrit la faculté du cerveau humain à ne pas recenser les coquilles et fautes d’orthographe à la lecture d’un texte, mais plutôt à les “corriger” mentalement par automatisme.

Sommes-nous donc « programmés » pour corriger ces erreurs ?

Le phénomène provient du fait que nous ne lisons pas les lettres une à une, mais les mots dans leur globalité. Pour preuve, des essais réalisés auprès d’échantillons de lecteurs ont permis d’observer que si l’on enlevait régulièrement des lettres à certains mots, ces derniers restaient intelligibles. Souvenons-nous de la méthode globale pour l’apprentissage de la lecture en France dans les années 1970, qui continue de faire débat aujourd’hui, mais surtout du succès de « La Disparition » de Georges Perec, un roman lipogramme, le plus long du genre jamais écrit, ne comportant pas une seule fois la lettre « e ». Ajoutons qu’en signant cette véritable performance, Perec avait joué aussi bien avec les mots qu’avec l’orthographe….

Voici un exemple de typoglycémie : « soyez le premier sur votre marché, quelque soit votre language ». Ce slogan vous semble-t-il impactant ? Il pourrait l’être, si son auteur(e) ne s’était pas contenté(e) de le corriger « mentalement » à la lecture, et non sur le papier. La formulation correcte serait, par exemple : « soyez leader de votre marché, quelle que soit la langue de vos clients » !

Dans un texte en anglais : “I have worked on a few awareness-raising posters and look like to be able to collaborate with pioneers in the private sector”. Cette phrase peut très bien être lue et comprise par un anglophone alors que « look like » est erroné et doit être remplacé par « would like ». Mais toute personne dont l’anglais est la ou une langue d’expression favorite effectuera mentalement la correction à la lecture.

Dans un autre exemple de l’italien vers le français, ni un traducteur automatique ni un correcteur orthographique ne reconnaîtra que dans un texte adapté vers le français contenant “concerto dei tamburini di Bellinzona“, « tambourins » ne serait pas correct, car il s’agit d’un « concert de tambours de Bellinzone ».

Les exemples ne manquent pas pour corroborer l’importance culturelle de la traduction-adaptation… Il ne faut donc pas se désintéresser des fautes d’orthographe et des coquilles dans un texte sous prétexte que vous êtes pressé(e) ou qu’il est seulement à titre informatif, a fortiori s’il est destiné à la publication web ou à l’édition.

Certes, mais il existe sur le marché nombre de correcteurs orthographiques pour faire ce travail, non ? Alors pour quoi faire, dirons les réfractaires ?!

Certes, les correcteurs proposés par votre logiciel de traitement de texte, ou bien les traducteurs automatiques, sont aujourd’hui capables de faire des propositions apparemment convaincantes lorsqu’il s’agit de relire un texte ou, dans une certaine mesure, de le traduire.

Mais point ne suffit ! Si vous avez besoin d’un texte qui saura dire quelque chose de vous-même avec impact, autant qu’il soit bien écrit ! Le pourquoi est bel et bien là. Le texte que vous vous apprêtez à publier véhiculera avant tout votre image et celle de votre entreprise, il ne faut pas l’oublier. Cet aspect est donc primordial.

Seule une révision qualitative effectuée par un professionnel qui maîtrise l’orthographe, mais aussi la syntaxe et les registres de chaque langue, dans un style fluide et adapté, vous permettra de projeter le meilleur de votre entreprise sur le web et auprès de vos clients. L’intelligence artificielle est certes à nos côtés, mais en 2020, le facteur humain peut encore faire toute la différence entre vous et vos concurrents.

Alors attention si vous n’êtes pas professionnel de l’écriture : un texte grammaticalement correct fera bonne impression mais ne suffira pas à galvaniser vos lecteurs. En revanche, des erreurs de grammaire peuvent suffire à les faire fuir.

En bref, pas de panique : vos partenaires traducteurs et rédacteurs multilingues sont à vos côtés pour guérir la typoglycémie et la typophobie, car la transposition interculturelle d’une langue à l’autre, mais aussi l’écriture, ce sont leur passion et leur métier !!!

Is it “embarrassing” to be human?

“How embarrassing to be human” wrote Kurt Vonnegut. I am not really a die-hard fan of science fiction, but perhaps counterculture and satire can be my starting point here. I have been thinking that in the current crisis, we humans should be able to do better than “just” staying at home and wait for the moment we’ll be going back to normality, because there’s a war out there and that would be tantamount to doing nothing. If you ask me, that is!

It has been said by psychologists, Boris Cyrulnik amongst them, that many of us had hardly moved beyond the resistance approach, when resistance should be the initial phase towards achieving resilience. Resilience is key in the times we are going through. True, we have never ever ever experienced anything like this and we know we have brutally landed into a new world that is fraught with danger and novelty—even the covid virus has been named “novel”. If this were put into an equation, it could not be resolved as every part of it is an unknown. So we should be busy getting ready for the next stage and for our novel life.

I am a French native and English having been my “second native language” for so many years, I speak and read and write just as naturally in English. However, something’s happened to my writing recently. I have tended to feel like writing in English, as if it had become my “preferred language” over French. And that’s not an acknowledgement that English is the lingua franca of the 21st century, even more so than it has been the international language of the 20th. That is because of my living experience of the English language. English means resilience to me. I have spoken it from an early age, but when I started using it on a daily basis in my life and at work, I was already an adult and was going through a phase when I had to be strong and fend for myself. So if I rely on English at this precise moment in the current crisis, that means hopefully that I am on a proactive path and have embraced resilience, at least I hope so!

If I write this post, this is because I sense that the overwhelming majority of us are still in “resistance” mode, still in the moment and only in the moment. A few days ago, I spoke to a friend who seemed to have given up trying anything beyond being passive. His life revolved around watching Netflix and reading the news. He clearly said he did not have the mental strength to see beyond the “now”. True, being in the moment is what we need because we have a lot to worry about presently and overthinking the future sounds counterproductive and a waste of time. How can one be planning when it’s hard enough sorting out the fake news from the facts and we do not know how our lives after lockdown are going to look like. It is unbearable because even our governments are struggling too, some having turned the fake news culture into an art form.

There are two sides to the coin. Since the start of the outbreak, we have heard and read that we ought to stay safe and to stay connected. Being in lockdown and confined, in some countries more strictly than in others, has been an opportunity to reflect on a number of topics and prioritise. Apparently, some have managed to go back to basics and reason and brainstorm even, this is all over Twitter! For others it has been impossible.

Not all of us have been in a position to embrace a “less is more” approach, a Zen attitude, read Penguin’s classics in a cosy armchair sipping green leaf tea, while fighting for one’s business and helping out teenagers going through the rest of the school year with online tools that pose a potential threat of personal data breach? And how can we fight for our career and our  business when we are fighting a pandemic and worried sick about our children, family and friends? We have clearly suffered due to information overkill. But faced with an invisible enemy, we should be able to put up our defences and I wonder if staying at home for so long has not made us lower our guard.

So we have been in the now. Today, as easing measures on lockdown are being enforced in a number of countries, we are likely to stumble on both new issues and the old ones, revisited. Is it not high time we started reflecting on the whole experience, so we can plan ahead? In a nutshell—what world do we want to live in tomorrow?

So far, we have witnessed a 30% reduction in world pollution. We have all seen dolphins swimming happily in the Med and crystal-clear waters in Venice. In continental Europe, lockdown enforcement has avoided 11,000 fatalities otherwise caused by pollution. Covid-19 has spread more widely and has been more fatal in heavily polluted areas, e.g. New York, Milan, London, Venice.

Preliminary studies link air pollution to coronavirus deaths. Now, experts fear that there will be a boomerang effect if production goes back to pre-covid levels and that we will face an ever worse rise in air pollution. Scientists have said that if the destruction of nature is not halted, we will suffer even worse pandemics in the near future.

Across the Atlantic, there has been particular concern over air pollution emitted by industrial facilities, which are predominately located in communities with large numbers of low-income people and people of colour. In the US, companies will not face any sanctions for polluting the air or breaking pollution laws during coronavirus pandemic. Polluters will be able to ignore environmental laws as long as they can claim that these violations were caused by the covid-19 pandemic, the Guardian reported on 27 March 2020.

On a smaller scale, now that we can see the light at the end of the tunnel and that we can safely say people should not have to be cooped up during summer, how are things going to pan out when can all catch up on two months’ reduced activity. I think I can safely say that I do not want to go back to live like before. I am not alone. But how do people in general really feel?

So many of us have lost their jobs and seen the outlook of their careers and future prospects brutally changed. At this stage, no one can say if this is for the better or if it’s all bleak, and there is a lot of anxiety in our lives. There is also pent-up energy, frustration and anger.

How is this bundle of mixed feelings going to express itself once the bans are lifted —notably in countries such as Spain, for instance, where the lockdown and self-isolation rules have been the strictest in the western world? Is this going to lead to excessive behaviour and bingeing. Yesterday was the inaugural day of the plan to ease on lockdown in Spain for over 14 year-olds. The result was abysmal. This was a sad show of collective hysteria, with cyclists, pedestrians and joggers literally running into each other, oblivious of social distancing and basic human rights. Are we going to need helicopters hovering around our heads blaring out instructions and police cars equipped with PA systems to protect us from ourselves? If Mr Orwell woke up today and come back to life in the 21st century, would he say that we live in Oceania indeed and that reality has imitated art? This has to be mentioned at some point. Are we going to have to scale up the confinement measures because herd immunity is not attainable without collapsing the health sector and people would rather parade around mask-free deluding themselves with the idea that they have recovered their freedom, rather than protect themselves and, more importantly, each other?

Will this be our tomorrow? Did we not say we did not want to go back to the world of before? The covid-19 crisis should be a potent wake-up call for humanity.

Did this article spur any reactions? Let us have your thoughts then please?

food for thought
Food for thought?!

Covid-19 and pandemics the new normal. Unless Humankind adapts swiftly…

Will outbreaks like Covid-19 be the new hurricanes, and/or add to them and add to the threats to us humans? True, we are the dominant species but we have been tampering with nature and altering biodiversity for too long, say a number of experts such as primatologist Jane Goodall, who said she hoped that a global movement of people calling for clean air will result from the global coronavirus outbreak, which has emptied cities of traffic. She says “hopefuly we should emerge wiser (after the coronavirus ends).”

Research by epidemiologist Christine K. Johnson from the Epicenter for Disease Dynamics, University of California, Why do viruses jump from animals to humans? Clues to the COVID-19 pandemic shows we have a lot to worry about.

Indeed, it would seem that environmental degradation, receding biodiversity -large chunks of the Great Barrier Reef are dying as we speak- and pandemics would seems to go hand in hand.

In an interview with the Economist, How society can overcome covid-19, Larry Brilliant, an epidemiologist who incidentally had also acted as a consultant as far  back as 2011 on the screenplay of the film “Contagion”, says that sadly “for years” (….) he, along with “30 to 50 or all the infectious-disease epidemiologists” had “warned about the possibility of a new global pandemic”. He also touches on the possibility that societies have not taken Covid-19 seriously enough, some countries like the UK having begun “on a misguided mission to allow or think that they could allow everybody or a large number of people to become infected, in an effort to reach the epidemiologist’s Holy Grail of “herd immunity”, others like the USA allowing beach parties, while France allows people to go out in a one-kilometre radius around their homes every day.

However, in his opinion, countries can test, quarantine and prepare for the post-coronavirus world, says Larry Brilliant. So why are they not really getting their act together for the sake of their citizens? When the whole covid-19 affair has subsided a little, a myriad of accountability questions will need to be addressed.

Then another issue that comes to the fore is that millenials and our children born one and two decades ago, have suffered or known of two crises already, if one counts the climate emergency crisis and this pandemic. The new generations will need an extremely proactive approach to withstand the turmoils ahead. And we their parents, should help those born in the 2000s take on the right skillset and an “always on the ball” sort of frame of mind.

Worse even, southern Europe’s millenials have suffered three huge crises now they are in their mid-30s, with the dire consequences of the 2007-2008 financial crisis adding to the other two big issues, because the impact has been felt a lot more in the south than in the north of Europe. According to The Economist’s Southern Europe’s millennials suffer two huge crises by their mid-30s Will their pain turn them radical?, apathic, escapist or radicalist behaviour could emerge out of this trend. The rationale is that coming of age in a crisis has “long-term political consequences”. Also “People’s values tend to crystallise in their mid-20s.” And millennials in southern Europe “have found themselves unceremoniously shoved down the order of priorities. In such circumstances, the economic basics trump more complex issues when it comes to politics; those in northern Europe can still afford to care about other topics.” As evidence, when the number of Green MEPs has nearly doubled in the north, Spain, Italy and Greece boast only one, while they make up a quarter of the EU’s population. Apathy may set in as well, with 80% of the young feeling depressed.

“All generations suffer during a crisis. But the consequences last longer for the young. Economic misery has a tendency to compound.” If radicalism takes a hold on them, this is because “many voters will feel that the social contract has been so badly breached that they would rather rip it up altogether” with a comeback of a left-right split on economics to help the established parties rather unlikely.

J. Goodall says that “We need a different way of thinking about things. We need to realize that unlimited economic development on a world with finite natural resources and growing human populations can’t work,”. We need to realise that we all have a part to play and that if we all try and do a little on our own scale, this only can help the tide turn. So let’s come to our senses and see that it still makes sense to think that “every little helps”, like every gesture of ‘viral’ gratitude and kindness, e.g. the standing ovations all across the world.

Outbreaks could become the new normal unless man changes, adapts and becomes more humble towards nature. And unless we do this now.

True, COVID-19 is a bane. But could there be a boon behind it?

The boon could be the revival and the rebirth of nature, less and less constrained by human pollution.

There is only one way —keeping up the good work.

COVID-19 HAS REVEALED THAT POLLUTION could be stopped, and then reduced if the effort would continue. If we push this rationale further, we can imagine that the plastic ocean out there could be tackled efficiently. Isn’t it high time we started to think seriously about reducing our plastic consumption, starting with one simple gesture—saying no to single-use plastic altogether.

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Here are 20 small actions that could do wonders for the planet —20 easy kind gestures that will have a snowball effect and make a BIG difference.

Let’s think. If less petrol is being used, less petrol will be produced. If no single-use plastics are being consumed and less plastic is being bought, the production of plastic will go down.

It all starts with the following 20 actions that we can easily invite into our daily routines.

20 small actions can unleash an incredible power!


LATEST20ACTIONS—————————